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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 06:38

null   Nouvelle étape de notre habituelle étude de la traduction saoudienne du Coran : l'examen de la traduction d'un terme coranique spécifique qui peut facilement passer inaperçu puisqu'il est commun à la majorité des versions françaises, mais qui, par négligence du sens étymologique du terme choisi, conduit, nous allons le voir, à une distortion de la doctrine coranique dans un sens chrétien qui n'était certainement pas voulu !

 

   Ce terme, hawārīyūn, n'est employé qu'en relation avec Jésus. Croyant sans doute bien faire, nos traducteurs l'ont traduit par un mot français qui a dû leur paraître, lui aussi, uniquement lié à ce contexte : apôtres. Ce qui, dans notre version saoudienne, donne ceci : Puis, quand Jésus ressentit de l'incrédulité de leur part, il dit : "Qui sont mes alliés dans la voie d'Allah ?" Les apôٍtres [Al-Ĥawārīyūna] dirent : "Nous sommes les alliés ['Anşāru] d'Allah. Nous croyons en Allah. Et sois témoin que nous Lui sommes soumis" (Coran III, 52) ; Ô vous qui avez cru ! Soyez les alliés d'Allah, à l'instar de ce que Jésus fils de Marie a dit aux apٍôtres [Lilĥawārīyīna] : "Qui sont mes alliés [pour la cause] d'Allah ?" Les apôٍtres [Al-Ĥawārīyūna] dirent : "Nous sommes les alliés d'Allah"... (Coran LXI, 14) ; Et quand J'ai révélé aux Apôٍtres [Al-Ĥawārīyīna] ceci : "Croyez en Moi et Mon messager [Jésus]" Ils dirent : "Nous croyons ; et atteste que nous sommes entièrement soumis" (Coran V, 111)

 

   Nous l'avons dit en début de ce billet, ce choix est celui de la majorité des traducteurs français : les saoudiens, mais aussi des traducteurs bien plus sérieux tels que R. Blachère, D. Masson, J. Berque... En fait, on le trouve déjà chez Du Ryer en... 1647 ! La même erreur apparaît dans la traduction latine de Marraci en 1698, qui influencera de son côté les traductions italiennes postérieures.

 

   Hawārīyūn est un terme dont nous avons déjà relevé l'usage coranique exclusif. Un auteur sunnite de la fin du Moyen-Âge, as-Suyûtî, considérait que ce terme faisait partie des emprunts coraniques à une langue étrangère : "al-hawâriyûn est un mot signifiant 'ceux avec des vêtements lavés' en araméen" (al Mutawakkili, p.59). Dans son ouvrage, qui demeure une référence malgré ses limites, Arthur Jeffery nous dit cependant que de son point de vue "le terme est un emprunt venue d'Abyssinie. L'éthiopien häwarəyə est la traduction  éthiopienne usuelle pour apostolos" (The Foreign Vocabulary of the Qurʼān, p.115). Cette piste de traduction par le biais d'une étymologie non-arabe, qui semble historiquement pertinente, viendrait donc conforter le choix des traducteurs français.

 

   Oui, mais voilà, le Christ lui-même est qualifié ainsi dans le Nouveau Testament : C'est pourquoi, frères saints, qui avez part à la vocation céleste, considérez l'apôtre [apostolon] et le souverain sacrificateur de la foi que nous professons, Jésus, qui a été fidèle à Celui qui l'a établi (He III, 1-2). Ce qui pose un premier problème, car dans le contexte coranique, les hawārīyūn de Jésus se disent 'anşāru exactement comme les médinois qui se sont ralliés à Muhammad : Allah a accueilli le repentir du Prophète, celui des Emigrés et des Auxiliaires ['Anşāri] qui l'ont suivi à un moment difficile... (Coran IX, 117). L'équivalence est faite entre les compagnons de Jésus et ceux de Muhammad, alors que traduire par "apôtre", c'est utiliser un terme qui lui, place l'équivalence entre Jésus et ses disciples... Dans un contexte de dialogue interreligieux, voilà qui est déjà source de confusion.

 

   La difficulté va être encore plus évidente si nous étudions ce que signifie réellement le mot "apôtre" lui-même. Il s'agir en réalité d'un mot grec : apostolos. Lorsqu'on le retrouve dans d'autres langues, il n'est pas traduit, simplement adapté : "apôtre" en français, "apostle" en anglais, "Apostel" en allemand... Et ce mot grec -déjà employé par Hérodote cinq siècles avant la rédaction du Nouveau Testament- a un sens bien précis : "l'envoyé". C'est d'ailleurs dans ce contexte que ce mot apparaît dans l'Evangile : Puis, ayant appelé ses Douze disciples [mathêtas], il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze apôtres [apostolôn] (...) Tels sont les Douze que Jésus envoya [apesteilen] (Mt X, 1-2.5)

 

   Quand on prend en compte cette signification, on comprendra que la traduction moderne du Nouveau Testament en arabe traduise "apôtre" par "rasûla" ; ce qui fait d'ailleurs que lorsque Jésus est qualifié ainsi dans la Lettre aux Hébreux -dans le passage que nous avons vu plus haut- on ne fait que retrouver une terminologie qui ne choquera aucun musulman puisque le Coran l'emploie lui-même : le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager [rasûla] d'Allah (Coran IV, 157)

 

   Par contre, lire -en toute logique, puisqu'il s'agit de traduire le même terme grec, véhiculant la même idée- "rûsûli" dans la traduction arabe de l'appel des Douze choquera. Tout simplement parce que, selon la définition d'al-Albânî, conforme à la pensée islamique classique, un "rasûl" est "celui que Dieu a envoyé avec des prescriptions divines, soit que celles-ci soient nouvelles en soi, soit qu'elles aient été révélées à un autre rasûl" : l'équivalence apostolos/rasûl nous ramène tout droit dans le débat sur la divinité du Christ... Ce qui n'était sans aucun doute pas l'intention de nos traducteurs lorsqu'ils ont employé le mot "apôtre" pour hawārīyūn.

 

   Alors, comment traduire ? Un traducteur français du Coran se démarque de l'usage traditionnel. Sans surprise, il s'agit de Chouraqui, qui traduit hawārīyūn par le terme "adeptes" - une possibilité tout à fait intéressante, mais qui ne transmet pas l'impact que peut avoir sur le lecteur le lien systématique que fait le Coran entre le mot hawārīyūn et la personne de Jésus. 

 

   Reste cependant que le mot "adeptes" a pour synonyme le mot "disciples" ; et que tout habitué des traductions francophones du Nouveau Testament reconnaîtra dans ce mot "disciples" le terme utilisé pour traduire le grec "mathêtas" - comme nous l'avons par exemple vu un peu plus haut dans le passage évangélique relatant le choix des Douze. Un terme qui de plus permet de garder ce lien coranique entre mot hawārīyūn et la personne de Jésus, puisqu'aucun autre terme du Coran ne se traduit ainsi.

 

   Traduire hawārīyūn par "disciples" est d'ailleurs, sans surprise, le choix opéré par les versions anglaises et allemandes, qui sur ce point nous donnent l'exemple à suivre.

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 16:00

null   Retour aujourd'hui sur ce travail épisodique lancé dès la création de ce blog : l'examen de critique de la traduction du Coran utilisée ici. Il nous est arrivé de remettre en question certains de ses choix spécifiques, pour quelques termes : al-Aqsâ, Sakîna, hijab, khatama... Aujourd'hui, penchons-nous sur un point où notre traduction saoudienne se montre encore une fois "à géométrie variable" : le mot "nasârâ", que l'on traduit communément par  "chrétien"    


   Ce terme, courant (et pour cause !), se trouve dès la deuxième sourate. En voici un exemple : Et les Juifs disent : "Les Chrétiens ne tiennent sur rien" ; et les Chrétiens disent : "Les Juifs ne tiennent sur rien"... (Wa Qālati Al-Yahūdu Laysati An-Naşārá `Alá Shay'in Wa Qālati An-Naşārá Laysati Al-Yahūdu `Alá Shay'in > Coran II, 113). Traduction on ne peut plus simple et habituelle...

 

   Mais voilà qu'un peu plus haut, toujours dans cette sourate, le même terme a été traduit de façon bien différente : Certes, ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Nazaréens, et les Sabéens, quiconque d'entre eux a cru en Allah, au Jour dernier et accompli de bonnes oeuvres, sera récompensé par son Seigneur ('Inna Al-Ladhīna 'Āmanū Wa Al-Ladhīna Hādū Wa An-Naşārá Wa Aş-Şābi'īna Man 'Āmana Bil-Lahi Wa Al-Yawmi Al-'Ākhiri Wa `Amila Şāliĥāan Falahum 'Ajruhum `Inda Rabbihim > Coran II, 62).

 

   Encore une fois, notre traducteur plie le Coran à ses propres intentions. Il crée en français une distinction inexistante en arabe... Ce qui est pour le moins surprenant de la part d'une traduction issue d'un courant islamique interdisant d'utiliser le terme "masihiyun" qui rend, en arabe moderne, le sens originel du mot "chrétien" !

 

   Mais laissons là ces incohérences saoudiennes pour explorer la piste de réflexion que nous ouvre la volatilité des choix de ce traducteur.

 

   L'usage de cette appellation dans les textes juifs est attestée par les sources rabbiniques des premiers siècles, et en particulier par la "bénédiction" des hérétiques (birkat haMinim), dont la fin disait : "Que les chrétiens [notsrim] et les hérétiques [minim] aillent sur l'heure à leur perte, qu'ils soient effacés du livre de vie et qu'ils ne soient pas mentionnés parmi les justes. Béni soit le Seigneur qui courbe les méchants"

 

    Les choses vont soudain se compliquer au IVe siècle. Voici que St Jérôme, dans l'une de ses lettres, nous parle en effet des "Ebionites qui affectent de paraître chrétiens, tandis que nous voyons encore aujourd'hui parmi les juifs, et dans toutes les synagogues de l'Orient, des hérétiques qu'on nomme Minéens [cf ci-dessus : minim], et que les Pharisiens eux-mêmes ont condamnés jusqu'à ce jour ; on les appelle encore, et même ils sont plus connus sous le dernier nom de Nazaraeos (...) En voulant être tout à la fois et juifs et chrétiens, ils ne sont ni juifs ni chrétiens"

 

   A la même époque, Epiphane -auteur désormais familier sur ce blog- évoque les "Nazôréens" (Nazôraioi > Panarion XXIX - p.67) ; notons au passage qu'il parle aussi d'une autre secte, juive, qu'il nomme "Nasaréens" (Nasaraiôn > p.21) tout en précisant qu'il ne faut pas les confondre car "l'hérésie des Nasaréens était antérieure au Christ et n'avait pas idée du Christ" (p.70). Il rappelle ensuite que "tous les hommes nommaient les chrétiens Nazôréens" mais que ceux désignés désormais par ce nom à son époque "confessent tout en plein accord avec la Loi, comme les Juifs, à l'exception du fait qu'ils sont supposés avoir foi en Christ" (p.71) - une description qui correspond tout à fait à ce que Jérôme nous dit des Ebionites (à ceci près qu'Epiphane considère que les Ebionites sont encore une autre hérésie... >p.72 !)

  

   Certaines personnes défendent ainsi la thèse d'une continuité antique de ceux qu'aujourd'hui nous nommons "juifs messianistes", peu à peu identifiée par leurs contemporains comme "nazaréens" ; et d'en conclure par divers rapprochements et raisonnements qu'il s'agit des mêmes personnes que le Coran évoque lorsqu'il parle des "nasârâ"

 

   Epiphane lui-même nous rappelait pourtant la confusion qui régnait toujours à son époque : "Aujourd'hui, les hommes nomment toutes les sectes -je veux dire les Manichéens, les Marcionites, Gnostiques et autres- par le nom de chrétiens alors qu'ils ne le sont pas" (p.70). Le terme "nazaréens" serait-il, lui, désormais à l'abri de cette situation ?

 

   Les sources arabes nous montrent bien que non. Notons tout d'abord qu'au VIIIe siècle, Théodore Abû Qurrah, évêque orthodoxe arabophone, dans un texte que nous avons déjà évoqué, utilise bien le terme "nasârâ" pour dire "chrétien". Notons ensuite que dans un texte du début du IXe siècle, le Malhâlib al-Arab d'Ibn al-Kalbî, nous pouvons lire que "le manichéisme était chez les Qurayshites (...) Et d'où vient qu'ils soient tombés dans le manichéisme ? [Ibn 'Abbàs] a répondu : De Hîra [ancienne capitale de la dynastie arabe des Lakhmide, qui était aussi un évêché nestorien]. Ils y amenaient leurs marchandises et ils rencontraient les chrétiens [nasârâ], qui les instruisaient" : au IXe siècle, la situation est toujours telle que décrite par Epiphane au IVe siècle, du point de vue extérieur, on ne distingue même pas les manichéens des chrétiens !

 

   Alors, que conclure ?

 

   Tout d'abord, rappeler la règle de base de toute bonne traduction : quand on choisit une logique face à un terme technique, on s'y tient. Ensuite, définir la logique voulue : une traduction "grand public" traduira toujours par "chrétien" et une traduction souhaitant coller au texte sans se mêler du débat présenté ci-dessus traduira toujours par "nazaréen". Mais, en aucun cas, traduire au gré des envies du moment. Surtout quand on se permet de donner aux autres des leçons en matière de "falsification des Ecritures" (sic)  

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 23:45

null   Reprenons un travail lancé dès la création de ce blog : l'examen de la traduction du Coran utilisée, traduction musulmane francophone la plus répandue. Nous avons déjà pu voir que cette traduction suivait une logique à géométrie variable : tantôt conservant le terme originel sauf quand les implications risquaient d'être dérangeantes, tantôt masquant la diversité des termes employés par l'usage d'un mot unique permettant d'entretenir la confusion...


   Voici le passage sur lequel nous allons nous arrêter aujourd'hui : Muhammad n'a jamais été le père de l'un de vos hommes, mais le messager d'Allah et le dernier des prophètes (Coran XXXIII, 40). C'est le deuxième membre de la phrase qui nous intéresse. Voici comment Muhammad est qualifié en arabe : Rasula Al-Lahi Wa Khatama An-Nabiyina. Nous retrouvons une double qualification traditionnelle : Muhammad est "Rasul" (apôtre) et "Nabi" (prophète). Mais là où notre traduction dit "le dernier", nous lisons "khatama"...


   Pourquoi s'arrêter sur ce terme ? Tout d'abord parce que ce mot apparaît ailleurs, avec une traduction différente ; c'est par exemple le cas dans ce passage : Allah a scellé [khatama] leurs coeurs et leurs oreilles (Coran II, 7). Ensuite, parce que ce remplacement, volontaire, de la traduction du terme coranique par un terme tiré de l'exégèse vient masquer l'utilisation d'un mot qui n'a rien d'anodin.


   Si l'on traduit sans interpréter, on constate que Muhammad est désigné par le Coran comme Sceau des prophètes. Or cette expression n'est pas nouvelle ; nous avons déjà pu voir sur ce blog qu'elle fut employée vers la fin du IIème siècle par le chrétien nord-africain Tertullien dans la lecture qu'il faisait d'un passage du livre du prophète Daniel : qu'il s'agisse de la lecture hébraïque velachtom chazovn venavi velimshoach kodesh kadashim ou du texte grec de la Septante kaï tou sphraguisaï horasin' kaï prophètèn' kaï tou chrisaï haguion' haguiôn', nous retrouvons ce lien entre le "sceau" et "onction" qui ne pouvait que parler à un chrétien (puisque, rappelons-le, le mot "Christ" n'est que le terme grec traduisant le mot hébreu "Messie" qui signifie -tout comme en arabe- "L'Oint"). Et Tertullien d'affirmer : "Jésus-Christ, en accomplissant tout ce que les prophètes avaient autrefois prédit sur sa personne, est comme le sceau et la consommation de tous les prophètes" ; ce qui ne signifie qu'il peut y avoir d'autres personnes touchées par l'esprit de prophétie à l'avenir, mais qu'elle annonceront toutes le même aboutissement : Jésus.

   Mais laissons maintenant le christianisme et passons à une religion qui se développa après le chrisitanisme, et avant l'islam : le manichéisme, la zandaqa des premiers auteurs musulmans. Dans sa "Chronologie des Anciennes Nations" rédigée il y a un millénaire, le chi'ite Al-Biruni écrit que son initiateur, Mani, disait être "le Paraclet annoncé par le Messie" et "le Sceau des prophètes". Un certain doute plane : des auteurs tels St Augustin, un ancien manichéen, confirment le premier point de cette affirmation (cf par ex Contre Faust, XVII), mais pour le deuxième, cette paraphrase d'Al-Biruni est-elle exacte ou reprend-elle la formule coranique alors que les manichéens ne l'employaient pas ?


   Une certitude demeure : la notion de "sceau" avait une grande place dans le manichéisme. St Augustin, nous décrivant à sa manière les moeurs des manichéens, parle du "Sceau de la bouche", du "Sceau de la main" et du "Sceau du Sein" ; des expressions que confirment les textes manichéens que l'on a pu retrouver : "Laisse-nous sceller notre bouche pour que nous puissions trouver le Père et sceller nos mains pour que nous puissions trouver le Fils, et garder notre pureté pour que nous puissions trouver le Saint Esprit" (Ps m. CXVI) ; "Le sceau de la bouche pour le signe du Père, la paix des mains pour le signe du Fils, la pureté de la virginité pour le signe du Saint-Esprit" (Ps m. CXV). Un autre document manichéen, le Xâstvânîft, donne même à lire l'expression "Sceau des prophètes" : "De quatre Sceaux de Lumière nous avons scellé nos coeurs (...) Quatrièmement, le sceau des prophètes" (Xâ. VIII, 13) ; mais le sens donné ici est visiblement bien différent de l'exégèse islamique du Coran.


   Quand bien même il faudrait comprendre que le Coran affirme que Muhammad est le "dernier" des prophètes, il n'en demeure pas moins que masquer le terme originel utilisé par un texte censé être à leurs yeux Parole de Dieu est une bien gênante marque d'irrespect de la part de traducteurs musulmans. Surtout quand ce terme n'est pas totalement univoque...

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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 18:39

    nullVoici la suite d'un travail engagé dès la création de ce blog : l'examen des limites de la traduction du Coran citée sur ce site. Il s'agit aujourd'hui de s'interroger sur ce qui est couramment appelé "voile islamique" : que dit notre traduction au sujet de ce voile ? Que dit exactement le texte arabe ?

   Tournons-nous tout d'abord vers les passages cités lorsqu'est posée la question du port du voile : Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles [djalabibihinna] : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées... (Coran XXXIII, 59) ; ...Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile [Bikhumurihinna] sur leurs poitrines... (Coran XXIV, 31).

   Première surprise : là où notre traduction dis "voile", nous trouvons en réalité deux termes arabes différents, "djilbab" et "khimar" ! Nous avions remarqué que notre traduction faisait parfois le choix de ne pas traduire certains mots. On peut regretter que ce choix n'est pas été fait ici, plutôt que d'avoir à nouveau une logique à géométrie variable...

   Car le mot "voile" est utilisé comme traduction non pas pour deux termes différents -ce qui est déjà beaucoup- mais bien pour trois : Mentionne, dans le Livre, Marie, quand elle se retira de sa famille en un lieu vers l'Orient. Elle mit entre elle et eux un voile [Hijabaan]. Nous lui envoyâmes Notre Esprit... (Coran XIX, 16-17) ; Et quand tu lis le Coran, Nous plaçons, entre toi et ceux qui ne croient pas en l'au-delà, un voile [Hijabaan] invisible (Coran XVII, 45). Le "voile" de séparation dont il est question ici n'est autre que le fameux "hijab", terme couramment employé pour désigner le "voile islamique".

   Mais le mot "hijab" désigne-t-il réellement la même réalité que les termes "djilbab" et "khimar" ? Pour le savoir, il faut se référer aux autres occurences de ce terme dans le Coran. En voici deux : Les gens du Paradis crieront aux gens du Feu : Certes, nous avons trouvé vrai ce que notre Seigneur nous avait promis. Avez-vous aussi trouvé vrai ce que notre Seigneur avait promis ? - Oui, diront-ils. Un héraut annoncera alors au milieu d'eux : Que la malédiction d'Allah soit sur les injustes, qui obstruaient le sentier d'Allah, qui voulaient le rendre tortueux, et qui ne croyaient pas à l'au-delà. Et entre les deux, il y aura un mur [Hijabun] invisible... (Coran XVII, 45) ; ...Et si vous leur demandez quelque objet, demandez-le leur derrière un rideau [Hijabin] : c'est plus pur pour vos coeurs et leurs coeurs ; vous ne devez pas faire de la peine au Messager d'Allah, ni jamais vous marier avec ses épouses après lui...
(Coran XXXIII, 53).

   Surprise : par deux fois, le mot "hijab" est traduit de manière différente ! Le voilà tantôt présenté comme "mur" entre les gens du Paradis et ceux de l'Enfer, tantôt comme un "rideau" préservant l'intimité des épouses du prophète de l'islam... C'est d'ailleurs en se basant sur ce dernier passage que les juristes musulmans ont fait évoluer le sens de "hijab", glissant de l'empêchement de voir à la préservation de la pudeur.

   L'objet de cet article n'est pas de se demander si le port du voile est -ou non- une obligation pour une musulmane. Mais on peut difficilement défendre l'artifice employé pour faire passer le terme "hijab" du "rideau" au "voile"... De la part de traducteurs musulmans, on aurait pu s'attendre à un plus grand respect du texte coranique.

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 12:24

    nullReprenons notre réflexion quant à la traduction du Coran utilisée sur ce blog. Nous avions tout d'abord souligné que toute citation française était le fruit d'une lecture préalable faite par nos traducteurs. C'est cette lecture qui oriente leurs choix, dont celui, parfois, de garder le terme arabe initial, ce qui n'est pas toujours dénué de visées politiques.

   Aujourd'hui, nous allons voir une autre pratique, qui consiste à traduire tout en précisant le terme traduit entre parenthèses. Voici ainsi diverses occurences d'un même terme : Puis, Allah fit descendre Sa quiétude [Sakîna] sur Son messager et sur les croyants. Il fit descendre des troupes (Anges) que vous ne voyiez pas, et châtia ceux qui ont mécru. Telle est la rétribution des mécréants (...) Si vous ne lui portez pas secours... Allah l'a déjà secouru, lorsque ceux qui avaient mécru l'avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu'il disait à son compagnon : "Ne t'afflige pas, car Allah est avec nous". Allah fit alors descendre sur lui Sa sérénité [Sakîna] et le soutint de soldats (Anges) que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole d'Allah eut le dessus. Et Allah est Puissant et Sage (Coran IX, 26.40)
   Nous avons ainsi deux termes français, "quiétude" et "sérénité", suivis du mot arabe qui a été traduit ainsi, Sakîna.

    Ce choix est étrangement abandonné dans les occurences coranique du terme Sakîna. Ainsi, dans les passages suivants : C'est Lui qui a fait descendre la quiétude dans les coeurs des croyants afin qu'ils ajoutent une foi à leur foi. A Allah appartiennent les armées des cieux et de la terre ; et Allah est Omniscient et Sage (...) Allah a très certainement agréé les croyants quand ils t'ont prêté le serment d'allégeance sous l'arbre. Il a su ce qu'il y avait dans leurs coeurs, et a fait descendre sur eux la quiétude, et Il les a récompensés par une victoire proche (...) Quand ceux qui ont mécru eurent mis dans leurs coeurs la fureur, [la] fureur de l'ignorance... Puis Allah fit descendre Sa quiétude sur Son Messager ainsi que sur les croyants, et les obligea à une parole de piété, dont ils étaient les plus dignes et les plus proches. Allah est Omniscient (Coran LVIII, 4.18.26). A chaque fois, la traduction choisie est "quiétude"

   Cet abandon pourrait être sans grande conséquence si cette traduction correspondait à chaque fois au terme Sakîna. Voici les autres passages où notre traduction saoudienne utilise le mot "quiétude" :

  • Et leur prophète leur dit : "Le signe de son investiture sera que le Coffre va vous revenir ; objet de quiétude inspiré par votre Seigneur, et contenant les reliques de ce que laissèrent la famille de Moïse et la famille d'Aaron. Les Anges le porteront. Voilà bien là un signe pour vous, si vous êtes croyants !" (Coran II, 248)
  • Prélève de leurs biens une Sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis, et prie pour eux. Ta prière est une quiétude pour eux. Et Allah est Audient et Omniscient (Coran IX, 103)
  • Ils y demanderont en toute quiétude toutes sortes de fruits (Coran LIV, 55)

   Lorsque l'on se réfère au texte arabe, on peut cependant remarquer que le premier passage est le seul à parler de Sakîna. Dans le deuxième, il s'agit d'un mot différent -bien qu'ayant la même racine s.k.n.- et dans le troisième, il n'y a aucun rapport. La logique suivie par notre traduction semble donc très variable... Ce qui est bien regrettable dans le cas présent.

   Expliquons-nous. Le terme Sakîna exprime l'idée de quiétude/sérénité/immobilité, mais aussi la résidence/habitation/installation. Dans cinq occurences -sur six- la formule employée est la même : "Allah fit descendre Sa [Sakîna] sur"... En d'autres termes : Dieu rend perceptible Sa Présence, source de Paix pour les croyants. Ce que les rabbins désignaient déjà, avant l'islam, par le terme hébreu apparenté : la Shekînah.
   Le Coran ne leur dénie d'ailleurs aucune légitimité à ce sujet, puisqu'il ne limite pas la Sakîna aux seuls musulmans. La sixième occurence de ce terme -la première dans l'ordre actuel- est en effet : "Le Coffre va vous revenir ; objet de quiétude inspiré par votre Seigneur" (Coran II, 248). Là où notre traduction du Coran parle d’un "Coffre", le lecteur de la Bible reconnaîtra évidemment l’Arche d’Alliance où se trouvaient, entre autres reliques, les tables de la Loi : Le SEIGNEUR m'a dit : "Taille deux tables de pierre comme les premières et monte vers Moi sur la montagne. Tu te feras aussi une arche de bois. Sur les tables, J'écrirai les paroles qui étaient sur les premières, que tu as brisées ; puis tu mettras les tables dans l'arche" (Dt X, 1-2). Cette nouvelle arche dont Dieu ordonne la construction est aussi le lieu de la manifestation de Celui-ci pendant l’exode du peuple Hébreu : "Tu placeras le propitiatoire au-dessus de l'arche et, dans l'arche, tu placeras la charte que Je te donnerai. Là, Je te rencontrerai et, du haut du propitiatoire, d'entre les deux Cherubins situés sur l'arche de la charte, Je te dirai tous les ordres que J'ai à te donner pour les fils d'Israël" (Ex XXV, 21-22)

  Le mot Sakîna est lourd de sens ; on peut donc regretter que la méthode adoptée dans les versets 26 et 40 de la sourate IX ait été abandonnée dans le reste de notre traduction...

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 14:29

    nullPenchons-nous aujourd'hui sur un premier passage coranique : Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur de la Mosquée Al-Haram à la Mosquée Al-Aqsa dont Nous avons béni l'alentours, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles. C'est Lui, vraiment, qui est l'Audient, le Clairvoyant (Coran XVII, 1)

   Nous l'avons vu, il est des cas où le traducteur peut choisir de garder le terme original. Ce choix est d'autant plus justifié que le terme peut être lieu de polémique. Ainsi, la Traduction Oecuménique de la Bible choisit par exemple de ne pas traduire le terme grec "Paraclet" ; mais il est vrai que cette expression employée par l'évangéliste Jean fut source de débat, entre autre avec les manichéens, puis avec les musulmans.
   Le choix de traduction fait ici nous présente deux "mosquées" (en arabe : masjid, qui peut se traduire par "lieu de prosternation"), chacune étant désignée par un qualificatif : "Al-Haram" et "Al-Aqsâ". Le choix est donc fait de ne pas traduire, et d'ajouter en note de bas de page : "Mosquée Al-Haram : la mosquée au sein de laquelle se trouve la Ka'aba ; Mosquée Al-Aqsa 
: la mosquée de Jérusalem"
   Une note d'une fausse évidence...

   Prenons le point de départ du voyage évoqué ici : masjid al-haram. Le Coran contient de nombreuses occurences de cette expression. En voici un exemple : C'est Lui qui, dans la vallée de la Mecque, a écarté leurs mains de vous, de même qu'Il a écarté vos mains d'eux, après vous avoir fait triompher sur eux. Et Allah voit parfaitement ce que vous oeuvrez. Ce sont eux qui ont mécru et qui vous ont obstrué le chemin de la Mosquée Sacrée... (Coran XLVIII, 24-25). La masjid al-haram est donc bien à la Mecque... Reste à savoir pourquoi elle est appelée ici Mosquée Sacrée ?
   La question est d'ailleurs plutôt : pourquoi le premier verset de la sourate XVII est-il le seul à ne pas utiliser cette appellation ? La réponse nous est donnée par la note de bas de page : afin d'utiliser l'expression Mosquée Al-Aqsa. Car traduire masjid al-aqsa par Mosquée Lointaine peut faire naître un doute sur la localisation de la destination du voyage évoqué ici. De fait, n'oublions pas que Jérusalem fut conquise après la mort du prophète de l'Islam : la célèbre mosquée Al-Aqsâ que l'on peut apercevoir aujourd'hui n'existait donc pas à l'époque coranique !
   L'évidence suggérée par l'artifice de nos traducteurs est donc un mirage...

   Comment comprendre cette unique occurence coranique de l'expression masjid al-aqsâ ? On peut tenter de se référer aux hadiths, mais la question de l'authenticité de ceux-ci fait depuis toujours débat entre les musulmans. Un catholique est un observateur extérieur à l'Islam, il n'a pas à prendre parti. Il faut donc ici s'appuyer sur le seul ensemble de texte unanimement accepté dans cette religion : le Coran. Lequel -contrairement à la Bible- ne dit mot de Jérusalem.

   Quel est donc ce Lieu de prosternation éloigné dont Nous avons béni l'alentours ? Deux indices s'offrent à nous : prosternation et bénédiction. Peut-on les retrouver par ailleurs dans le Coran ? Peut-être avons-nous d'ailleurs un troisième indice dans la suite de la sourate XVII : Et Nous avions donné à Moïse le Livre dont Nous avions fait un guide pour les Enfants d'Israël... (Coran XVII, 2)
    Moïse, personnage le plus cité du Coran, est envoyé en mission lors d'un événement marquant évoqué par quatre -voire cinq- reprises : ...On l'appela, du flanc droit de la vallée, dans place bénie, à partir de l'arbre... (Coran XXVIII, 30) ; ...Un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental dont l'huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Dieu guide vers Sa lumière qui Il veut... (Coran XXIV, 35) ; ...Béni soit Celui qui est dans le feu et Celui qui est tout autour, et gloire à Dieu, Seigneur de l'univers (Coran XXVII, 7) ; Du côté droit du Mont Nous l'appelâmes et Nous le fîmes approcher tel un confident (Coran XIX, 52) ; ..."Moïse ! Je suis ton Seigneur. Enlève tes sandales : car tu es dans la vallée sacrée. Moi, Je t'ai choisi. Ecoute donc ce qui va être révélé. Certes, c'est Moi, Dieu : point de divinité que Moi. Adore-Moi donc et accomplis la Salât pour te souvenir de Moi" (Coran XX, 11-14)

   Par ce florilège coranique, nous découvrons ici une lecture du début de la sourate XVII qui n'est pas celle de la tradition islamique, malgré sa propre cohérence interne. Le but du voyage n'est plus l'actuelle "esplanade des Mosquées" construite sur le Mont du Temple, à Jérusalem, mais le lieu de la révélation à Moïse, que nous évoquerons cette fois-ci dans sa narration biblique : ...Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l'Horeb. L'ange du SEIGNEUR lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n'était pas dévoré. Moïse dit : "Je vais faire un détour pour voir cette grande vision : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ?" Le SEIGNEUR vit qu'il avait fait un détour pour voir, et Dieu l'appela du milieu du buisson : "Moïse ! Moïse !" Il dit : "Me voici !" Il dit : "N'approche pas d'ici ! Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte" (Exode III, 1-5)

   Il n'est pas interdit de penser que le Lieu [indéterminé] de prosternation éloigné évoqué par le Coran est situé à Jérusalem : telle fut visiblement la lecture des bâtisseur de l'actuelle mosquée Al-Aqsâ. Mais ce n'est pas la seule lecture possible de ce passage coranique ; une bonne traduction devrait en tenir compte, laissant planer l'indétermination. Les répercussions politiques d'un choix -dans un sens ou un autre- ne peuvent être négligées.

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 09:18

    nullDans un précédent article, nous avons présenté les traductions utilisées sur ce blog. Nous allons maintenant focaliser notre questionnement sur le Coran : quels sont les choix faits par les personnes ayant élaboré la traduction dont nous nous servons ?

   Commençons tout d'abord par lire une note explicative présente en introduction de notre édition saoudienne.

  • Pour le mot Salât, nous pouvons lire : "Cet office religieux dont le fidèle est tenu de s'acquitter quotidiennement n'a pas d'équivalent dans les autres religions. C'est ce qui nous a poussé à retenir le vocable as-Salât au lieu de le traduire en français par le mot Prière qui se limite seulement aux invications"
  • Pour le mot Zakât, nous pouvons lire : "On serait tenté de le traduire en français par le mot aumône. Mais la Zakât en islam ne se limite pas à l'acte de générosité ou de charité"

   Notre traduction se refuse donc à traduire certains mots. Mais la pratique existe également dans la Bible : ainsi, par exemple, le mot "évangile" est un terme grec (signifiant "bonne nouvelle") qui est rarement traduit. Le choix de traduire ou non certains terme est donc possible ; la question est alors de savoir si les choix effectués (traduction ou non) sont pertinents.

   Dans nos exemples, la question reste ouverte : Salât aurait pu être traduit par "Prière Rituelle", Zakât par "Aumône Purificatrice", en se fiant à un usage qui existe au sein de l'islam francophone. La réalité désignée par ces deux termes est connue -il s'agit de deux des piliers de l'islam- aussi le choix de traduire ou non n'a guère de conséquence.

   Il en va tout autrement dans d'autres cas. Le but de cette rubrique est donc d'étudier les points sensibles de notre traduction, afin de garder notre liberté de lecture face à la lecture préalable faite par nos traducteurs.

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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 11:08

    nullLa langue employée dans ce blog est le français. Une évidence ? Certes, mais qui n'est pas sans conséquences lorsqu'il s'agira de citer Bible et Coran. Mais laissons l'un des auteurs juifs de la Bible nous en dire davantage : Vous êtes donc invités (...) à montrer de l'indulgence s'il vous semble que nous avons échoué, malgré tous nos efforts, à rendre certaines expressions. Car les choses dites en hébreu dans ce livre n'ont pas la même valeur lorsqu'elles sont traduites en une autre langue (Siracide I, 5-6)

   Ce qui est dit ici de la langue hébraïque peut évidemment être dit de la langue arabe, autre langue sémitique ; mais on peut également le dire du grec, autre langue essentielle compte tenu du sujet de ce blog !

   Ce qui est rappelé, c'est que les mots sont chargés de sens divers, et que, d'une langue à une autre, ce bagage de sens varie. Ainsi, nulle traduction ne peut coller à l'original, car elle résulte toujours d'un choix.
   Accéder directement aux textes demanderait de maîtriser l'hébreu et le grec pour la Bible, et l'arabe pour le Coran. Ce rappel est donc une invitation à la prudence : avant d'affirmer "c'est écrit !", rappelons-nous que toute citation française est d'abord une lecture faite par quelqu'un d'autre.

   La traduction de la Bible utilisée ici est la Traduction Oecuménique de la Bible (T.O.B.) : fruit d'un travail commun entre catholiques, protestants et orthodoxes, elle peut sembler plus adaptée au contexte islamo-chrétien.

   La traduction du Coran que nous utilisons dans ce blog a été choisie parce qu'elle est actuellement la plus répandue dans l'islam francophone : la traduction dite "du Roi Fahd". Cet état de fait n'est pourtant pas un gage de qualité ; et certains choix faits par ses auteurs saoudiens  sont discutables. Nous y reviendrons dans cette rubrique.

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