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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 13:40

Amolî    Jésus, sceau de la «Sainteté» ? Tel est le point de vue du grand soufi Ibn 'Arabî dans ses Futûhât : "Dieu a décidé que tout ce qui contient la vie, qui a un commencement et un sceau final, aurait la même propriété d’un commencement et d’une fin. Or, parmi ce qu’elle contient, il y a (...) la «Sainteté» Absolue, inaugurée avec Adam et close avec Jésus" ...Nous avons déjà eu l'occasion sur ce blog de découvrir les termes arabes traduits par Sceau et par «Sainteté» ; concentrons-nous aujourd'hui sur ce choix de Jésus, évidemment décrié par Haydar Amolî, cet auteur chi'ite du XIVe siècle qui voulait réconcilier chî'ites et soufis. Bien que grand admirateur d'Ibn 'Arabî, il ne pouvait le suivre sur cet aspect de sa doctrine : de son point de vue, seul l'Imâm peut être le sceau de la «Sainteté» ! Voyons ce qu'il en dit dans cet extrait de son livre Asrār al-šarīʿa wa aṭwār al-ṭarīqa wa anwār al-ḥaqīqa ("Secrets de la Loi, paliers de la Voie Spirituelle et éblouissement de la Vérité Spirituelle") - ce passage est tiré du chapitre sur l'imâmat : 

 

   "La Prophétie est scellée, puisqu'il n'y aura plus de révélation nouvelle de Dieu et plus de prophète après Muhammad. Seule la «Sainteté» se poursuit éternellement parmi les hommes ; les âmes des «saints» parmi le Gens de Muhammad portent la responsabilité de la mise en pratique de cette «sainteté» (...)

   La Prophétie, au sens exotérique, est un cycle tracé en pointillé par les vies des prophètes. Ce tracé atteint sa perfection au point muhammadien, la Prophétie étant telle un mur de briques achevé, à l'exception d'une seule, celle-ci étant l'apparence du prophète Muham­mad [hadith cité par Ibn 'Arabî]. D'une façon similaire, la «sainteté», au sens exotérique, est également un cycle tracé en pointillé par les vies des «saints» -ce tracé étant complété par le point qui scelle la «sainteté», à savoir Muhammad ibn al‑Hasan, le Maître du Temps, aussi connu comme le Mahdî.

   Un gnostique [Tirmidhi ?], après avoir démontré la vérité de ceci par le biais de la raison, des hadiths et du dévoilement, disait : 'La station du Pôle Suprême est le rang du Pôle des Pôles et correspond à l'aspect intérieur de la prophétie de Muhammad ; elle n'existe qu'héritée de lui et du fait que Muhammad est la perfection. Le Sceau de la «Sainteté» et le Pôle des Pôles n'existent que par l'aspect intérieur du Sceau de la Prophétie'

   Le même gnostique a aussi dit : 'Le Sceau de la Prophétie est la personne par laquelle Dieu a scellé la Prophétie. Il s'agit d'une personne unique, à savoir notre prophète Muhammad. Il en va de même dans le cas du Sceau de la «Sainteté» : par lui, le bien dans ce monde et dans l'autre est conduit à la perfection finale ; avec sa mort, l'agencement de ce monde tournerait au désordre. Il est le Mahdi, dont le retour est promis pour la Fin des Temps' (...)

   Le cheikh al‑A'zam [Ibn 'Arabî] a divisé le sujet de la «sainteté» en différentes sections ; ses propos en la matière apportent la meilleure des descriptions : 'Sache que la «sainteté» peut être divisée entre «sainteté» absolue et dépendante, soit, plus communément, entre «sainteté» et «sainteté de l'élite». Si nous considérons la «sainteté» pour elle-même, alors, dans son sens absolu, c'est un attribut divin. Si nous la considérons relativement aux prophètes et aux «saints», alors elle est dépendante. Bien plus, ce qui est dépendant est validé et fortifié par l'absolu, et l'absolu trouve sa manifestation dans ce qui est dépendant. Ainsi, la «sainteté» de tous les prophètes et des «saints» est une part de la «sainteté» absolue, tout comme la prophétie des prophètes est une part de la prophétie absolue. Tout comme la prophétie absolue est dès le départ particulière à Muhammad et à sa réalité, et le prolongement de la réalité originelle particulière aux prophètes et aux apôtres d'Adam à Jésus (qui sont en fait des manifestations différentes de la réalité muhammadienne), la «sainteté» absolue est particulière à 'Ali ibn Abi Talib et à sa réalité (par le biais du leg spirituel essentiel hérité de la pré-éternité) et par la suite (au moyen d'une poursuite de la réalité originelle) à sa progéniture infaillible. Ce lignage spirituel se prolonge jusqu'à ce que Dieu le scelle avec le Mahdi' [source inconnue]

   La raison pour laquelle 'Ali est distingué pour la «sainteté» absolue peut être trouvée dans la parole du Prophète (...) Dieu a créé mon âme et l'âme de 'Ali ibn Abi Talib mille milliers d'années avant qu'Il ne crée Adam

   Le cheykh Muhyi al‑Din Ibn 'Arabî se réfère aussi au Prophète suite à une longue étude de ce sujet dans ses Futûhât : 'Il est donc le seigneur du Monde et la première manifestation dans l’Existant ; l’Existant procède donc tout entier de cette Lumière divine, de la Poussière et de la Vérité Universelle ; dans cette Poussière fut existenciée son essence et celle du Monde procède de sa théophanie [tajalli] ; la personne la plus proche de lui était 'Ali ibn abi Talib, secret embrassement du secret de tous les Prophètes' [Chap.VI] (...)

   Selon le groupe [des Gens de la Vérité Spirituelle] l'imam et le «saint» sont le Grand Imam et le «Saint» Absolu, également connu comme le Pôle et l'Imam des Imams qui est responsable de l'ordre de l'existence, et de l'établissement de la Loi, de la Voie Spirituelle et de la Vérité Spirituelle. Les rangs de tous -prophète, apôtre et «saint»- ont leur source en lui. Le cheikh al‑A'zam [Ibn 'Arabî] y fait référence dans ses Fusûs : 'Cette science n'appartient en propre qu'au Sceau des Apôtres et au Sceau de la «Sainteté» ; nul d'entre les prophètes ou apôtres ne l'obtient autrement que du Tabernacle [mishkât] du Sceau des Apôtres. Nul d'entre les «saints» ne l'obtient autrement que du Tabernacle du Sceau de la «Sainteté», au point que les apôtres eux-mêmes ne l'obtiennent, quand ils l'obtiennent, que du Tabernacle du Sceau de la «Sainteté». Sache en effet que l'Apostolat et la Prophétie -j'entends par là la Prophétie et l'Apostolat légiférants- ont un terme alors que la «Sainteté» n'en a pas. C'est pourquoi les apôtres eux-mêmes, en tant qu'ils sont des «saints», n'obtiennent ce dont nous parlons que du Sceau de la «Sainteté» ; et cela est vrai a fortiori des saints qui leur sont inférieurs. Le fait que le Sceau de la «Sainteté» suive la Loi qu'a apportée le Sceau des Apôtres ne diminue en rien sa station spirituelle et ne contredit nullement ce que nous professions à ce sujet : d'un certain point de vue, il lui est inférieur, et d'un autre point de vue il lui est supérieur' [Verbe de Seth] 

   Il poursuit après quelques mots en disant : 'Tout prophète, depuis Adam jusqu'au dernier d'entre eux, puise au Tabernacle du Sceau des Prophètes, bien que ce dernier dans sa manifestation corporelle n'apparaisse qu'après eux car, sous le rapport de sa réalité essentielle, il existait déjà ; [c'est pour cette raison qu'il a été dit : Il est Celui qui confère à tous les prophètes, apôtres et «saints» leur station dans le monde de la lumière, dans le monde des âmes et dans le monde des formes ;] c'est de cela que parle le prophète lorsqu'il dit : J’étais prophète alors qu’Adam était encore entre l’eau et la boue ; au contraire, chacun des envoyés n'est devenu tel qu'au moment où il a été envoyé. Le Sceau de la «Sainteté», lui aussi, était «saint» alors qu'Adam était encore entre l'eau et la boue, tandis que les autres saints ne sont devenus tels que lorsqu'ils ont réuni les conditions de la «sainteté» en se qualifiant par les caractères divins, Dieu Lui-même s'étant nommé «Saint Patron» en disant qu'Il est al-Walî al-Hamîd [Coran XLII, 28]. Le Sceau des Apôtres, en tant qu'il est «saint», a avec le Sceau de la «Sainteté», le même rapport que celui que les prophètes et les apôtres ont avec lui-même, car il est à la fois «saint», apôtre et prophète. Le Sceau de la «Sainteté» est le «saint», l'héritier, celui qui puise à la Source originelle et contemble tous les degrés. Il est une des perfections du Sceau des Apôtres, Muhammad, qui sera le chef de l'assemblée des prophètes et le maître des fils d'Adam lorsque sera ouverte la porte de l'intercession' [ibid.]

    Ces mots, survenant comme ils le font après sa démonstration de l'existence du Sceau de la «Sainteté», et la vérité de tout ce que nous avons dit en la matière, montrent que le Sceau de la «Sainteté» absolue est le Commandeur des Croyants, 'Alî : il est décrit avec les mêmes éminentes qualités que le Seigneurs des Apôtres"

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 06:32

Amolî    Haydar Amolî, cet auteur chi'ite du XIVe siècle dont nous avons pu découvrir l'itinéraire spirituel, faisait le rêve de réconcilier les chî'ites et les soufis. Voici, toujours à partir de la traduction d'Henri Corbin, comment il présenta ce projet dans l'introduction de son ouvrage Jâmî' al-Asrâr wa manba' al-Anwâr ("Somme des réalités cachées et source des lumières"), rédigé peu après son départ de Médine pour Najaf, lieu où est bâti le Mausolée de 'Alî :    

 

   "Plusieurs de mes vertueux frères, pèlerins mystiques cheminant sur la Voie de Dieu par désir de Lui complaire, me demandèrent alors avec insistance d'écrire à leur intention un livre (...) qui fût en harmonie avec les principes du chî'isme et du soufisme et avec les présuppositions de ces principes, de telle sorte qu'il soit mis un point final à toute dispute entre chî'ites et soufis, et que pour y mettre fin il n'y ait plus besoin d'un autre livre après ce livre. Et cela parce que, entre toutes les branches de l'Islam et les différents groupes mohammadiens, il n'est pas de groupe qui ait vitupéré le groupe des soufis à l'égal de ce qu'ont fait les chî'ites : réciproquement, aucun groupe n'a vitupéré le groupe des chî'ites comme l'ont fait les soufis. Et cela, malgré que leur origine aux uns et aux autres soit une même origine ; que la source à laquelle ils s'abreuvent soit la même ; que le terme auquel ils se réfèrent soit un seul et même.
   En effet, le terme auquel se réfèrent tous les chî'ites, en particulier le groupe imâmite duodécimain, n'est autre que la personne de l'Emir des Croyants et après lui ses enfants et les enfants de ses enfants. C'est lui qui est la source dont ils tirent leur origine et à laquelle ils s'abreuvent ; il est le point d'appui de leurs connaissances, le terme auquel se réfèrent leurs principe.
   De même en est-il pour les soufis authentiques, parce que celui sur qui ils fondent leurs connaissances et à qui ils font remonter leur khirqa n'est autres que le premier Imam, et après lui, l'un succédant à l'autre, ses enfants et les enfants de ses enfant.
   C'est qu'en effet ils font remonter leur origine soit à Komayl ibn Ziyâd al-Nakha'î, lequel était l'élève intime et le disciple d'élection de l'Imâm ; soit à Hasan Basrî, lequel avait été, lui aussi, l'un des élèves les plus éminents, l'un des plus grands disciples de l'Imâm ; soit à Ja'far al-Sâdiq
, qui était le descendant des descendants du Premier Imâm, et qui à son tour en fut le successeur et l'héritier spirituel, comme Imâm Imaculé investi de et par Dieu (...)
    Aussi bien, depuis la fleur de ma jeunesse, disons plutôt depuis les jours de mon enfance, jusqu'aux présents jours, lesquels sont pour moi les jours de la maturité, je me suis appliqué avec l'aide et l'assistance divines, à m'assimiler les enseignements fondamentaux de mes ancêtres les saints Imâms ainsi que leur voie mystique
[tarîqa], aussi bien selon l'exotérique, qui est la charia, telles que la pratiquent les chî'ites imamites parmi les différentes branches de l'Islam, que selon l'ésotérique, qui est la vérité spirituelle [haqîqa] à laquelle s'attache le groupe des soufis, maîtres en Unicité de Dieu et hommes de Dieu, et en considérant l'accord et la symphonie de l'une avec l'autre ; je compris la vérité spirituelle de l'une et l'autre position, et les ajustai l'une à l'autre, à la façon dont une sandale fait la paire avec l'autre (...)
   J'en arrivai ainsi au point où j'en suis, totalisant en moi-même la charia et la vérité spirituelle, contenant en moi-même l'exotérique et l'ésotérique, atteignant au plan de l'équilibre et de la stabilité, accueillant en moi-même ce que disent tous ceux qui sont dans le même cas que moi, ceux qui ont vécu la certitude, les hommes d'expérience personnelle
 (...)
   Et voici le minimum de tout cela : c'est qu'après avoir vu la vérité spirituelle chez les deux groupes en question, je vis ce qu'il y avait de vrai et ce qu'il y avait de négatif chez les uns et chez les autres, de quelle manière et en quel sens chacun des deux groupes est vrai et positif, de quelle manière et en quel sens chacun des deux est faux et négatif, et je compris comment chacun d'eux est orienté vers le point central qui est la vérité spirituelle de l'Unicité de Dieu, de même que les rayons convergent de la périphérie vers le centre
 (...)
   Certes, il n'y a pas de doute que cela, je veux dire l'affirmation de la vérité du soufisme, soit un coup dur pour certaines intelligences d'entre les chî'ites, à qui la vérité reste voilée. En effet, on va s'imaginer que j'amène l'erreur en renfort de l'école des professionnels de l'erreur, et que je m'efforce, sans droit ni raison, de prouver qu'ils sont dans la vérité. Or, il n'en va nullement ainsi. En vérité, je ne viens en aide qu'à l'école de mes pères et de mes aïeux, les Imâms immaculés, en me plaçant tant du point de vue exotérique que du point de vue ésotérique, comme je l'ai dit précédemment.

   C'est que la majorité des soufis eux-mêmes, à cause de leur ignorance, s'imaginent que les Imâms immaculés étaient privés de cette précellence. Et il y a des chî'ites qui commettent la même erreur, lorsqu'ils s'imaginent que la précellence de leurs Imâms était limitée aux connaissances communes qui ont cours parmi eux. Or, il n'en va pas du tout ainsi. Chacun de ces deux groupes se trompe dans sa manière de concevoir les choses ; chacun des deux groupes tombe à côté, en imaginant ce qu'il imagine. Que Dieu nous préserve de tomber dans l'erreur qui leur est commune !
   C'est qu'il n'est point de connaissance dont les saints Imâms ne soient la source ; point de secret gnostique dont ils ne soient la mine ; ils sont les chefs des docteurs de la charia ; ils sont les guides de ceux qui suivent la voie mystique ; ils sont les Pôles de ceux qui sont les piliers de la vérité spirituelle. Ils sont les califes de Dieu sur Sa Terre et dans Son Ciel ; ils sont les formes épiphaniques de Sa Sublimité et de Sa Majesté, dans le monde visible et invisible
(...) D'autre part, que Muhammad et ses descendants soient une Âme unique et une essence unique, que par conséquent ils méritent tous même créance que Muhammad lui-même, c'est là une vérité manifeste n'échappant à personne (...) De même, c'est une chose bien connue que, selon les théosophes mystiques, il est établi que l'univers tout entier subsiste par la réalité primordiale de l'Homme Parfait et que les Sphères révoluent par les souffles de sa repiration. C'est ce que montre le Cheikh [Ibn 'Arabî] sans son traité Noskhat al-Haqq
"  

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 06:30

Amolî   Alors que ce blog fête sa cinquième année d'existence, il est temps de donner enfin la parole à un auteur chî'ite. Aussi, tout comme lorsque nous avons découvert ce grand auteur sunnite qu'est Abû Hâmid Al-Ghazâlî en lisant son "itinéraire spirituel" avec l'esprit de l'atelier du GAIC du même nom, découvrons aujourd'hui celui de Sayyed Haydar Amolî, auteur chi'ite persan, contemporain du maghrébin Ibn Khaldûn. Avant donc de revenir sur son oeuvre dans les prochains mois, voici -à partir de la traduction proposée par Henry Corbin- un extrait de la courte notice autobiographique qu'il nous donne à lire à la fin de sa vie :

 

   "Lorsque Dieu Très-Haut m'eut ordonné de renoncer à tout ce qui est autre que Lui, et de me convertir à Lui par une conversion véritable, Il m'inspira de rechercher un lieu et une demeure où me fixer et où je me consacrerais à Son service et à Sa dévotion, comme l'exigeaient Son impératif et Sa directive, un lieu tel qu'il n'y en eût aucun de plus élevé et de plus illustre en ce monde-ci.
   C'est ainsi que je me dirigeais vers la Mecque -que Dieu Très-Haut l'illustre- après avoir renoncé à ma charge de ministre, au pouvoir, à la fortune, aux honneurs, à mon père et ma mère, à mes frères et à mes compagnons. Je revêtis une vieille khirqa
[vêtement typique du soufi] jetée au rebut et sans valeur, et je sortis de mon pays natal (...)
   J'étais à cette époque âgé de trente ans.
   J'eus à affronter 
(...) toutes sortes d'épreuves et toutes espèces de combats ; il me faudrait pas moins de plusieurs volumes pour tout raconter. Néanmoins, la plupart des circonstances que je vécus m'étaient l'occasion d'articuler cette parole de Dieu : Quiconque sort de sa maison, émigrant vers Dieu et Son messager, et que la mort atteint, sa récompense incombe à Dieu. Et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux [Coran IV, 100] (...)
   Bref, il en fut ainsi de moi jusqu'à ce que je parvienne à la Mecque. J'y accomplis le Pèlerinage, m'acquittai des actes prescrits et des actes surérogatoires, actes de dévotions et autres. C'était en l'année 751 de l'Hégire
[1350]
   J'avais eu l'intention d'y prendre séjour, mais voici que naquit en moi un ardent désir de faire séjour à Médine
(...)
   Je fis ma visite à l'Envoyé de Dieu et me décidai à y prendre séjour. Mais voici que de nouveau les obstacles s'interposèrent, en premier lieu la maladie physique, à tel point que s'imposa le retour en Irak, au lieu familier qui est le sanctuaire magnifique et sacro-saint [Najaf] -le Salut de Dieu sur celui ['Alî] qui l'illustre.
   J'y fis ainsi retour avec la santé et m'y établis à demeure, tout occupé aux exercices spirituels et à la retraite, aux actes de dévotion et au service divin, qu'il n'était pas possible de pratiquer avec plus d'ampleur, de ferveur et de gravité.
   Alors, au cours de cette période, voici que venant de Dieu et de Ses Dignités suprasensibles, effusèrent sur mon coeur le sens caché
[ta'wîl] du Coran et le commentaire des Fosûs [d'Ibn 'Arabî] dont j'ai déjà parlé, un ensemble d'idées et de hautes connaissances, de vérités et de perceptions subtiles, qu'il est impossible d'analyser en détail d'aucune manière, parce qu'il s'agit là de Paroles Divines qui ne sont susceptibles ni d'êtres nombrés, ni d'aboutir à une fin, ni d'être interrompus
"

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