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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 05:40

Amolî   Selon ce qui avait été annoncé dans un précédent billet, revenons-aujourd'hui sur cette conception de la révélation comme étant celle d'un livre donné par un ange. Ainsi que nous l'avions déjà remarqué, cette conception semble plonger ces racines dans certains passages bibliques. Le premier d'entre eux serait cette vision d'Ezechiel : Et par-dessus le firmament qui était sur leurs têtes, telle une pierre de lazulite, il y avait la ressemblance d'un trône ; et au-dessus de cette ressemblance de trône, c'était la ressemblance, comme l'aspect d'un homme, au-dessus, tout en haut. Puis je vis comme l'étincellement du vermeil, comme l'aspect d'un feu qui l'enveloppait tout autour, à partir et au-dessus de ce qui semblait être ses reins ; et à partir et au-dessous de ce qui semblait être ses reins, je vis comme l'aspect d'un feu et d'une clarté, tout autour de lui. C'était comme l'aspect de l'arc qui est dans la nuée un jour de pluie : tel était l'aspect de la clarté environnante. C'était l'aspect, la ressemblance de la gloire du SEIGNEUR. Je regardai et me jetai face contre terre ; j'entendis une voix qui parlait (...) Je regardai : une main était tendue vers moi, tenant un livre enroulé (...) J'ouvris la bouche et il me fit manger ce rouleau" (Ez I, 26-28 ; II, 9 ; III, 2)

 

   Vient ensuite l'Apocalypse de St Jean : "Je vis un autre ange puissant, qui descendait du ciel, enveloppé d'une nuée ; au-dessus de sa tête était l'arc-en-ciel, et son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu. Il tenait dans sa main un petit livre ouvert. Il posa son pied droit sur la mer, et son pied gauche sur la terre ; et il cria d'une voix forte, comme rugit un lion. Quand il cria, les sept tonnerres firent entendre leurs voix (...) Et la voix, que j'avais entendue du ciel, me parla de nouveau, et dit : "Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre" Et j'allai vers l'ange, en lui disant de me donner le petit livre. Et il me dit : "Prends-le, et avale-le" (Ap X, 1-2.8-9)

 

   Origène, cité par Eusèbe, nous dit que "les Helkésaïtes (...) montrent un livre qu'ils disent être tombé du ciel". Tournons-nous pour plus de précisions vers ce qu'en disait Hippolyte : "Alcibiade, habitant Apamée, une ville de la Syrie (...) se rendit à Rome, apportant un livre, et alléguant qu'un certain Elchasaï, homme juste, l'avait reçu à Serae, une ville des Parthes, et qu'il l'avait donné à un certain Sobiai. Et le contenu de ce volume, selon lui, avaient été révélé par un ange dont la hauteur était de 24 schènes [mesure iranienne], ce qui fait 96 milles [mesure romaine], la largeur de 4 schènes, et d'une épaule à l'autre 6 schènes, et la longueur de ses pieds faisait 3 schènes 1/2, tandis que la largeur est d'un schènes et demi, et la hauteur d'un demi schène. Et il prétendait aussi qu'il y avait une femme avec lui, dont les mesures, dit-il, sont comparables à celles déjà mentionnées. Et il assurait que l'homme était le Fils de Dieu et la femme l'Esprit Saint"

   Epiphane vient confirmer cette description dans son Panarion : "Puis, il décrit le Christ comme une Puissance, et il en donne les mesures : sa longueur de 24 schènes, ou 96 milles, sa largeur de 6 schènes, 24 milles, et les mêmes invraisemblances pour son épaisseur et ses pieds, et bien d'autres mythologies. Et l'Esprit Saint -une femme !- est comme le Christ, tel une statue s'élevant au-desus des nuées, dressée entre deux montagnes" (chap. XIX) ; il en reparle un peu plus loin : "D'Elxaï ils retinrent les fantasmes, et pensent ainsi que le Christ est un modelage à l'image de l'être humain, invisible aux humains, long de 96 milles, c'est-à-dire 24 schènes, large de 6 schènes, 24 milles, et d'une autre mesure pour l'épaisseur. En face de lui se trouve l'Esprit Saint, sous l'apparence d'une femme invisible, dans de semblables mensurations. Et d'où, dit-il, est-ce que j'ai connu les mesures ? Du fait que j'ai vu depuis les montagnes que leurs têtes e atteignaient les sommets et qu'ayant appris la hauteur des montagnes, j'ai su les mesures du Christ et de l'Esprit Saint" (chap. XXX) ; il en reparle enfin brièvement dans une dernière note : "Il s'appelle Christ, et l'Esprit-Saint qui a l'apparence d'une femme est sa soeur. Chacun d'eux, le Christ et l'Esprit Saint, est long de 96 milles et large de 24" (chap. LIII)


   Nous pouvons ainsi constater que la façon dont le Coran va se présenter à son tour comme "la parole d'un noble Messager (...) [que Muhammad] a effectivement vu, au clair horizon" (Coran LXXXI, 19.23) s'insère dans une tradition longue tradition. Les détails qui nous sont donnés en un autre endroit ne peuvent que rappeler les descriptions que nous venons de lire : Ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée que lui a enseigné celui à la force prodigieuse, doué de sagacité ; c'est alors qu'il se montra sous sa forme réelle, alors qu'ils se trouvait à l'horizon supérieur. Puis il se rapprocha et descendit encore plus bas, et fut à deux portées d'arc, ou plus près encore. Il révéla à Son serviteur ce qu'Il révéla. Le coeur n'a pas menti en ce qu'il a vu. Lui contestez-vous donc ce qu'il voit ? Il l'a pourtant vu, lors d'une autre descente près du Lotus de la Limite (Coran LIII, 4-14). Le "noble messager" est identifié à l'Esprit Saint : C'est le Saint Esprit qui l'a fait descendre de la part de ton Seigneur en toute vérité... (Coran XVI, 102). Un autre passage précise : L'Esprit fidèle est descendu avec cela sur ton coeur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs (Coran XXVI, 193-194). Le Coran l'identifie avec Gabriel : Quiconque est ennemi de Gabriel doit connaître que c'est lui qui, avec la permission de Dieu, a fait descendre sur ton coeur cette révélation... (Coran II, 97). Et un hadith de récapituler : Il s'agit de Gabriel que je n'ai vu sous sa forme originelle que deux fois : dont une fois quand je l'ai vu descendre du ciel couvrant de sa grande stature tout ce qui se trouve entre le ciel et la terre (Muslim). Une identification à Gabriel qui nous ramène à une autre tradition biblique, cette fois dans le livre de Daniel : Et j'entendis la voix d'un homme au milieu de l'Oulaï qui criait et disait : "Gabriel, fais comprendre la vision à celui-ci !" (Dn VIII, 16)

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