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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 12:55
null   Avril 2013 : plus de 400 personnes meurent dans l'effondrement d'une usine textile au Bangladesh. Après avoir prié pour les victimes lors de l'Angelus, le pape François va revenir sur le sujet lors de son homélie quotidienne à la maison Ste Marthe  : "Le titre qui m'a vraiment frappé le jour de la tragédie du Bangladesh était : Vivre avec 38 euros par mois. C'est ce qu'étaient payés tous ces gens qui sont morts. C'est ce qu'on appelle du travail d'esclave (...) Combien de frères et de sœurs dans le monde sont dans cette situation à cause de ces comportements économiques, sociaux, politiques ! (...) Les personnes sont moins importantes que les choses qui rapportent du profit à ceux qui ont le pouvoir politique, social, économique !"
   L'esclavage est un sujet que le pape actuel avait déjà à coeur en tant qu'archevêque de Buenos Aires - époque où il luttait contre les ateliers clandestins et réseaux de prostitution. Devenu pape, il a convoqué en novembre dernier une réunion d'expert sur le sujet. Et, cette semaine, c'est une nouvelle étape qui est franchie. Une étape historique, car placée sous le signe de la coopération universelle. Qu'on en juge : la déclaration commune suivante (originellement écrite en anglais) vient d'être co-signée par le Vatican, l'Eglise Anglicane et l'Université d'Al-Azhar ! Soutenue par la Walk Free Fondation, l'initiative n'a pas seulement vocation à réunir catholiques, anglicans et sunnites dans une lutte commune : l'appel à rejoindre le Global Freedom Network nouvellement créé est lancé à toute personne de bonne volonté, et tous les leaders mondiaux peuvent devenir co-signataires.
 
   "L'esclavage moderne et la traite des personnes sont des crimes contre l'humanité.
   L'exploitation physique, économique et sexuelle des hommes, des femmes et des enfants condamne 30 millions de personnes à la déshumanisation et à la dégradation. Chaque jour où nous laissons libre cours à cette situation tragique est une atteinte grave à notre humanité commune et un affront honteux à la conscience de tous les peuples.
   L'indifférence envers ceux qui souffrent d'exploitation doit cesser. Nous appelons les gens de foi et leurs dirigeants, les gouvernements et les personnes de bonne volonté à se joindre au mouvement contre l'esclavage moderne et la traite des personnes, et à soutenir le Global Freedom Network.
   Il n'y a qu'en mobilisant, partout dans le monde, les idéaux de la foi et des valeurs humaines partagées que nous pourrons rassembler la puissance spirituelle, l'effort commun et la vision libératrice nous permettant d'éradiquer
de notre monde, à jamais, l'esclavage moderne et la traite des personnes. Ce mal est d'origine humaine et peut être surmonté par la volonté et l'effort humain inspirés par la foi.
   Nous saluons tous ceux qui sont déjà engagés dans cette lutte, et espérons avec ferveur que ce nouveau projet encouragera à poursuivre leur engagement en vue de libérer les plus opprimés de nos frères et sœurs.
   Malgré le dévouement de tant de personnes dans de nombreux pays, l'esclavage moderne et la traite des personnes se développent toujours. Les victimes sont cachées : dans les lieux de prostitution, dans les usines et les fermes, sur les bateaux de pêche et les établissements illégaux, dans des maisons privées, derrière les portes verrouillées, et dans une multitude d'autres endroits, dans les villes, villages et bidonvilles des nations du monde, les plus riches comme les plus pauvres.
   Le Global Freedom Network utilisera les instruments de la foi - la prière, le jeûne et l'aumône. Il y aura une journée mondiale de prière pour les victimes et pour leur liberté. Chaque croyant et chaque humain de bonne volonté sera invité à participer à la réflexion et l'action. Des réseaux de prière spécifiques seront créés dans toutes les régions du monde.
   En vertu de cet accord, toutes les parties s'engagent à explorer toutes les voies possibles pour galvaniser l'action mondiale afin d'éradiquer l'esclavage moderne et le trafic humain. Pour la première année, des plans d'action vont être développés pour pousser :
- toutes les religions mondiales à contrôler que soient exempts d'esclavage moderne leurs chaînes d'approvisionnement et de financement, et à prendre des mesures correctives si nécessaire ;
- toutes les religions mondiales à mobiliser leurs mouvements de jeunes pour soutenir les programmes d'éradication de l'esclavage moderne et de la traite des personnes ;
- les familles, les écoles, les universités, les congrégations et les institutions à informer sur la nature de l'esclavage moderne et du trafic humain, sur la façon de le signaler et sur la nocivité d'attitudes sociales négatives, de préjugés et de systèmes sociaux qui alimentent l'esclavage moderne et la traite des personnes ;
- les chefs de gouvernement
à contrôler que soient exempts d'esclavage moderne les chaînes d'approvisionnement du secteur public ;
- 50 grandes entreprises multinationales dont les responsables sont des gens de foi ou de bonne volonté
à rendre exempts d'esclavage moderne leurs chaînes d'approvisionnement ;
- 162 gouvernements à approuver publiquement la création du Fond mondial contre l'Esclavage, avec l'approbation publique de 30 chefs d'Etat fin 2014 ;
- le G20 à condamner l'esclavage moderne et la traite des personnes, à adopter une initiative contre l'esclavage et la traite des personnes et à soutenir le Fond mondial susmentionné ;
   La Déclaration conjointe conclut :
   Notre monde doit être libéré de ces terribles maux et crimes contre l'humanité. Les mains et les coeurs doivent tous s'unir pour apporter cette liberté à tous ceux qui sont pris au piège et qui souffrent. Cet accord est un commencement et une promesse -
les victimes de l'esclavage moderne et de la traite des personnes ne seront pas oubliées ou ignorées : tout le monde saura leur histoire. Nous allons marcher avec eux vers la liberté. 

   Le protocole d'accord définit l'esclavage moderne et le trafic humain comme un terme générique se référant à l'élimination systématique de la liberté d'un individu. Elle englobe les types d'esclavage moderne suivants, tels que définis par les instruments internationaux :
- la traite des êtres humains, y compris la prostitution forcée (Protocole de Palerme de 2000, Convention Européenne sur la Traite) ;
- l'esclavage (Convention relative à l'esclavage de 1926 et Convention complémentaire relative à l'esclavage de 1956) ;
- le travail forcé (Convention ILO sur le travail forcé de 1930 et Convention sur l'abolition du travail forcé) ;
- les enfants dans les conflits armés (Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés) ;
- la prostitution des enfants (Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant des enfants) ;
- les pires formes de travail des enfants (Convention relative aux droits de l'enfant et  Convention sur l'Interdiction et l'Action immédiate pour l'élimination des pires formes de travail des enfants) ;
- la servitude pour dettes et le mariage forcé (Convention complémentaire relative à l'esclavage supplémentaire de 1956) ;
- toute autre forme d'esclavage moderne et de traite des personnes que le Conseil estime devoir être inclue dans la vision et les objectifs du présent protocole d'accord"

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