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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 06:30

Amolî   Alors que ce blog fête sa cinquième année d'existence, il est temps de donner enfin la parole à un auteur chî'ite. Aussi, tout comme lorsque nous avons découvert ce grand auteur sunnite qu'est Abû Hâmid Al-Ghazâlî en lisant son "itinéraire spirituel" avec l'esprit de l'atelier du GAIC du même nom, découvrons aujourd'hui celui de Sayyed Haydar Amolî, auteur chi'ite persan, contemporain du maghrébin Ibn Khaldûn. Avant donc de revenir sur son oeuvre dans les prochains mois, voici -à partir de la traduction proposée par Henry Corbin- un extrait de la courte notice autobiographique qu'il nous donne à lire à la fin de sa vie :

 

   "Lorsque Dieu Très-Haut m'eut ordonné de renoncer à tout ce qui est autre que Lui, et de me convertir à Lui par une conversion véritable, Il m'inspira de rechercher un lieu et une demeure où me fixer et où je me consacrerais à Son service et à Sa dévotion, comme l'exigeaient Son impératif et Sa directive, un lieu tel qu'il n'y en eût aucun de plus élevé et de plus illustre en ce monde-ci.
   C'est ainsi que je me dirigeais vers la Mecque -que Dieu Très-Haut l'illustre- après avoir renoncé à ma charge de ministre, au pouvoir, à la fortune, aux honneurs, à mon père et ma mère, à mes frères et à mes compagnons. Je revêtis une vieille khirqa
[vêtement typique du soufi] jetée au rebut et sans valeur, et je sortis de mon pays natal (...)
   J'étais à cette époque âgé de trente ans.
   J'eus à affronter 
(...) toutes sortes d'épreuves et toutes espèces de combats ; il me faudrait pas moins de plusieurs volumes pour tout raconter. Néanmoins, la plupart des circonstances que je vécus m'étaient l'occasion d'articuler cette parole de Dieu : Quiconque sort de sa maison, émigrant vers Dieu et Son messager, et que la mort atteint, sa récompense incombe à Dieu. Et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux [Coran IV, 100] (...)
   Bref, il en fut ainsi de moi jusqu'à ce que je parvienne à la Mecque. J'y accomplis le Pèlerinage, m'acquittai des actes prescrits et des actes surérogatoires, actes de dévotions et autres. C'était en l'année 751 de l'Hégire
[1350]
   J'avais eu l'intention d'y prendre séjour, mais voici que naquit en moi un ardent désir de faire séjour à Médine
(...)
   Je fis ma visite à l'Envoyé de Dieu et me décidai à y prendre séjour. Mais voici que de nouveau les obstacles s'interposèrent, en premier lieu la maladie physique, à tel point que s'imposa le retour en Irak, au lieu familier qui est le sanctuaire magnifique et sacro-saint [Najaf] -le Salut de Dieu sur celui ['Alî] qui l'illustre.
   J'y fis ainsi retour avec la santé et m'y établis à demeure, tout occupé aux exercices spirituels et à la retraite, aux actes de dévotion et au service divin, qu'il n'était pas possible de pratiquer avec plus d'ampleur, de ferveur et de gravité.
   Alors, au cours de cette période, voici que venant de Dieu et de Ses Dignités suprasensibles, effusèrent sur mon coeur le sens caché
[ta'wîl] du Coran et le commentaire des Fosûs [d'Ibn 'Arabî] dont j'ai déjà parlé, un ensemble d'idées et de hautes connaissances, de vérités et de perceptions subtiles, qu'il est impossible d'analyser en détail d'aucune manière, parce qu'il s'agit là de Paroles Divines qui ne sont susceptibles ni d'êtres nombrés, ni d'aboutir à une fin, ni d'être interrompus
"

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