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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 23:00
null   Ecrivant sur l'euthanasie il y a bientôt deux ans, j'ai eu alors à me pencher sur le cas de la Belgique, où elle est légale. Il était alors déjà question d'étendre cette pratique aux mineurs, ce à quoi s'opposait par exemple l'association belge des praticiens de l'art infirmier. Aujourd'hui, alors qu'un rapport note là-bas "la nette augmentation des euthanasies pratiquées lorsque la mort du patient n’est pas prévue à brève échéance (doublement en 4 ans) ainsi que le nombre d’euthanasies pour des affections neuropsychiques", une loi est à l'étude pour étendre l'euthanasie aux mineurs "capables de discernement" et aux adultes atteints de trouble mentaux !
 
   S'unissant dans une parole commune sur ce sujet, les responsables religieux belges, juifs, chrétiens et musulmans, ont co-signés la déclaration suivante :    
 
   "Alors qu’au Parlement on se penche à nouveau sur un élargissement possible de la loi de 2002 dépénalisant l’euthanasie, nous voulons une fois encore faire entendre notre voix dans ce débat qui concerne toute la société, en tant que citoyens en nous appuyant sur des arguments philosophiques, et en tant que croyants héritiers de nos traditions religieuses respectives.
Nous marquons notre opposition à ces extensions et exprimons notre vive inquiétude face au risque de banalisation croissante d’une réalité aussi grave.
    Nous aussi, nous sommes contre la souffrance, tant physique que morale, en particulier celle des enfants, car toute souffrance révolte. Mais proposer que des mineurs puissent décider de leur propre euthanasie est une manière de fausser leur faculté de jugement et dès lors leur liberté.
   Proposer que des personnes démentes puissent être euthanasiées est un déni de leur dignité et les livre au jugement, voire à l’arbitraire,  des personnes qui prennent cette décision.
   Quant au corps médical et au personnel soignant, on fait pression sur eux à pratiquer un acte soi-disant médical.
   Au lieu de soutenir la personne souffrante en rassemblant autour d’elle  toutes les personnes  et les forces qui l’entourent, on risque précisément de diviser ces forces et dès lors d’isoler cette personne souffrante, de la culpabiliser et de la condamner à la mort.
   Le consentement prévu par la loi tend à devenir de plus en plus une réalité sans consistance. La liberté de conscience des personnes concernées risque de ne pas être sauvegardée.
   L’euthanasie des personnes fragiles, enfants ou personnes démentes, est une contradiction radicale de leur condition d’êtres humains. 
   Nous ne pouvons dès lors entrer dans une logique qui conduit à détruire les fondements de la société
.

 Signataires :
- Pasteur Steven Fuite, président de l’Église Protestante Unie de Belgique
- Rabbin Albert Guigui, Grand Rabbin de Bruxelles
- Chanoine Robert Innes, président du Comité Central de l’Église Anglicane en Belgique
- Monseigneur André-Joseph Léonard, président de la Conférence Épiscopale de Belgique
- Geert Lorein, président du Synode Fédéral des Églises Protestantes et Évangéliques de Belgique
- Métropolite Panteleimon Kontogiannis, Exarque du Patriarcat Œcuménique de Constantinople
- Semsettin Ugurlu, président de l’Exécutif des Musulmans de Belgique
"

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commentaires

Blaise 15/11/2013 10:26


Pour recueillir des témoignages, il faudrait s'adresser directement à des soignants travaillant dans des unités de soins palliatifs.

Ren' 15/11/2013 12:33



En effet. Merci en tout cas pour ton témoignage -même s'il n'est pas direct- car il nous rappelle la complexité intime de ces questions que les militants pro-euthanasie nient si souvent.



Blaise 15/11/2013 10:03


Je ne sais pas. C'est ma mère, qui est en contact quotidien avec les personnes en fin de vie et leurs proches, qui m'en parle. Nous touchons ici au domaine de l'intime.


Ce que j'en retiens, c'est que les partisans de l'euthanasie ont une façon très primaire de comprendre le libre choix. Le "Testament de vie" ne nous renseigne pas vraiment sur la volonté du
malade; il nous apprend juste quelle était son opinion lorsqu'il était encore en bonne santé.


 

Blaise 15/11/2013 00:29


Ma mère, qui travaille comme assistante sociale à Jeanne Garnier, me le dit souvent : la demande d'euthanasie vient généralement de la famille et non du malade; et quand c'est ce dernier qui en
formule la demande, il finit par se rétracter. 


Il y a aussi le cas de ces adhérents de l'ADMD, terrorisés à l'idée qu'on puisse abréger leurs jours.

Ren' 15/11/2013 07:03



Existerait-il un témoignage sur internet de ce dernier point ?



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